






"Toute vie humaine est précieuse, quel que soit l'état dans laquelle nous la trouvons..."
Mère Thérèsa.
Durant le mois d'août 2000, les lèpreux des villages d'Akata Djokpé et deNyuiemabou, dans le centre du Togo, ont accepté que j'effectue un reportage sur leurs conditions de vie. J'ai pu ainsi passer quelques jours en leur compagnie afin de mieux comprendre ce qu'était cette maladie, si tristement célèbre et pourtant tellement méconnue...
Voici quelques unes de ces photos. (Reportage complet en Diaporama)
La question que l'on me pose le plus souvent depuis mon retour est en rapport avec les précautions que j'ai pu prendre pour effectuer ce reportage. La réponse est simple : je n'ai eu recours à aucun vaccin ; après que l'on m'eu expliqué les causes de la maladie et les différentes façons de la contracter, j'ai choisi de travailler le plus simplement et le plus librement possible. Je n'ai jamais refusé de serrer les mains -ou les moignons- que l'on me tendait, chose que j'ai toujours faite avec plaisir et surtout sincérité.
La sincérité est je crois, le moteur qui m'a permis de pouvoir capter ces regards remplis de dignité, de force, de vie, de fierté, et quelquefois d'espièglerie... bref des regards qui en disent long sur des passés remplis d'épreuves et d'obstacles en tous genres, et sur un avenir incertain qu'ils abordent pourtant avec courage et optimisme...
Et après ?
Sur place, pendant les quelques jours passés en leur compagnie, j'ai ressenti jour après jour le besoin de faire quelque chose de"plus" pour venir en aide à ces deux villages, tant leurs besoins étaient maigres et simples à réaliser. J'ai donc pris la décision de monter une petite structure humanitaire dès mon retour.
A ce jour, j'essaie de trouver le temps et les conseils necessaires pour mettre en route ce projet.
La grande leçon que j'ai pu retiré de mon passage parmi les lèpreux est que leur souffrance est beaucoup plus liée à l'isolement qu'on leur impose en les "parquant" dans des lèpreuseries loin de toute activité sociale et économique, qu'à de leur maladie et aux terribles séquelles handicapantes qui font de cette maladie l'une des plus terrible de ce siècle.
J'ai découvert une farouche volonté de vivre presque normalement, volonté allant bien au delà de nos volontés dites occidentales...La raison ? Dans cet isolement total, seule la vie est au rendez-vous de chaque parcelle infinie arrachée et obtenue grace à la volonté.

