Orphelin atteint d'encéphalite. Enfant abandonné d'une des centaines de femmes bosniaques violées par les "soldats" serbes. Zénica. Bosnie centrale. 1993.
"Le sourire." Enfant bosniaque d'un camp de réfugiés. Zenica. Bosnie.1994.
Jean-luc Mège, reporter photographe. Lyon. France. Reportage photo sur les enfants de la guerre. Bosnie, Liban, Beyrouth, Jounieh, Sarajevo, Zenica. "L'enfant des ruines." C'est juste en levant la tête pour regarder ce qu'il restait d'un immeuble bombardé que je l'ai aperçu... Lui m'observait tranquilement depuis quelques minutes déjà... du balcon... Beyrouth 1991.
"Petite fille au camion." Sarajevo 1993. "Comme une prière d'adolescent..." Village sud Liban 1991.
Réfugiés palestiniens. Environs du camps de Chabra & Chatila.
Beyrouth. 1991.
. "Regards et envies..." Jounieh. Liban. 1991.
Orphelin des rues. Sarajevo. 1994. Ce n'est pas un enfant, je sais, mais presque pourtant...
Il s'appelle Skopor Fabrudia.
Skopor est bosniaque.
Skopor est musulman.
Il tient dans ses mains sa carte de réfugié ;
Il est né à Gotcha, un petit village de Bosnie Centrale... en 1968 !...Quand j'ai pris cette photo, Skopor venait d'avoir 26 ans !... Il venait d'être libéré d'un camp de prisonniers tenu par les serbes. Il y avait passé dix-huit mois. Son visage et son regard étaient déjà presque ceux d'un vieillard...
Cette image vous en rappelle d'autres ?
"Le retour de Skopor ou l'éternel recommencement de l'Histoire..."
Zénica. Bosnie Centrale. Août 1994.
Evidemment c'est le genre d'image qui choque et que l'on aimerait ne jamais voir... Ce n'est pas pour autant une image facile. Je me souviens encore de la difficulté à affronter le regard de cet enfant, de la difficulté à poser mon regard sur ce corps atrocement mutilé, de la difficulté à trouver les mots qui pourraient apaiser l'espace d'un instant ses souffrances, de ceux qui justifieraient mon rapide "travail " de témoignage photographique... Je me souviens aussi de son histoire : au cours d'un bombardement des forces croates sur son village, il s'était retrouvé tétanisé, prisonnier de la maison familiale en flammes :
alors qu'il s'apprêtait à atteindre l'une des fenêtres, une partie d'un plancher en feu s'était abattu sur lui, le projetant au sol et le gardant de nombreuses minutes coincé sous les débris en flammes... C'est finalement un voisin qui avait entendu ses cris et qui était venu le sauver.
En fait, après avoir discuté avec lui quelques minutes et lui avoir expliqué les raisons de mon travail, j'avais décidé de ne plus faire de photos...Mais au moment où j'allais quitter la chambre, il m'a lancé ce regard, bourré d'interrogations qui semblait dire "- ben, alors ?!..." J'ai donc fait deux clichés... histoire de ne jamais oublier que toute l'absurdité humaine pouvait aussi se rencontrer concentrée dans le regard perdu d'un enfant sur son lit d'hôpital...
Je ne l'ai jamais oublié.
Hopital Kochévo. Sarajevo. 1993.
Photos : © Jean-luc Mège
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